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Dimanche, Juin 25, 2017
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Droits Humains

Phillipa Jabouin, Secretaria General, Geeta Rasaily, Vicepresidente, Fabio Zapata, President Une Ong Voit Le Jour Pour La Défense Des Droits Humains

L’Organisation internationale Canadienne des Droits Humains OICDH-CHRIO a été convoquée à l’audience publique à l’Assemblée nationale. Dans le cadre de consultation publique de la Ministre de l’Immigration sur la planification de l’immigration 2012-2015, l’OICDH a fait connaîtresa position. Cette invitationest une reconnaissance à sathèse sur l’intégration des immigrants.


Originaires de deux extrêmes du monde, la Colombie et le Bhoutan, c’est à Québec que Fabio Zapata et Geeta Rasaily se sont rencontrés. C’est un rêve et projet communs qui les unis : la mise sur pied de l’organisation non gouvernementale: Organisation internationale canadienne des droits humains.

OICDH-CHRIO

Cette organisation a d’abord vu le jour à Toronto il y a 7 ans sous le nom de Canadian International Human Rights Organization (CHRIO). C’est en janvier 2010 que des citoyens de différentes nationalités entreprennent des démarches pour former une équipe dédiée à la défense des droits humains et ainsi créer un chapitre de l’ONG dans la province de Québec. Journaliste et défenseur des droits humains, M. Fabio Zapata a dédié 40 ans de sa vie au travail des droits humains en Colombie et dans de nombreux pays d’Europe et d’Afrique. Mme Geeta Rasaily, directrice d’école et leader de la communauté bhoutanaise dans un camp de réfugiés au Népal, est maintenant installée à Québec avec sa famille et continue son travail à la tête de sa communauté.

Les bases philosophiques de CHRIO sont la Déclaration universelle des droits de l’Homme, la Déclaration américaine des droits et devoirs de l’Homme, la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples, la Convention européenne des droits de l’Homme, et les Chartes des droits et libertés du Québec et du Canada.

En effet, l’organisation veut mettre de l’avant ses préoccupations fondamentales, soit les réformes à la loi et aux politiques touchant les demandes d’asile et la non ratification du Canada de la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille. «Le fait d’accueillir des réfugiés sur son territoire n’est pas de la charité ni de la générosité» explique M. Zapata, «Ce sont des obligations de droit international que le Canada se doit d’honorer et de respecter.»

Mission et services
Les communautés immigrantes seront servies par CHRIO dont la mission première est la défense, la promotion et la protection des droits humains des immigrants ainsi que ceux des Québécois et des Canadiens. C’est un lieu de soutien et de solidarité pour toute personne victime d’actes contre la dignité humaine. D’ailleurs, le premier projet sera une École de langue pour bénévoles qui souhaitent apprendre le Népalais et l’Espagnol, grâce à une subvention des Caisses Desjardins. Le caractère de CHRIO est double, soit la lutte pour les droits humains et l’accompagnement des immigrants.

La communauté bhoutanaise
De son côté, Mme Geeta Rasaily, vice-présidente, affirme qu’elle a joint les rangs de CHRIO car sa communauté a besoin d’une représentation et d’une voix face au gouvernement et la société québécoises. Arrivée en 2009 avec sa famille, elle fait partie de plus de 500 réfugiés bhoutanais établis à Québec par le gouvernement canadien.

Petit royaume médiéval en Asie du Sud, le Bhoutan a instauré une violente politique de nettoyage ethnique sur son territoire dès les années 80. Forcés de fuir, Mme Rasaily et sa famille ont vécu 17 ans dans un camp de réfugiés au Népal. « Nous sommes complètement perdus ici car la préparation qui nous a été offerte n’était pas adéquate» explique-t-elle. «En arrivant, c’était la première fois que je prenais l’avion et même un ascenseur. Je ne savais pas qu’il fallait sonner pour descendre du bus, alors imaginez mes parents de 74 ans !»

Car la majorité des Bhoutanais qui arrivent à Québec sont complètement analphabètes et n’ont aucune base pour apprendre le Français. Ceux qui ont eu accès à une éducation l’ont complété en Anglais et ne comprennent pas pourquoi le gouvernement a choisi de les envoyer à Québec.

«Nous sommes confrontés à des adultes qui ne comprennent pas le système d’éducation et à des adolescents qui refusent d’étudier car ils n’avaient pas cette discipline dans les camps de réfugiés» déplore-t-elle. «Les gens veulent apprendre et travailler mais certains n’ont jamais tenu de stylo entre leurs doigts et n’ont jamais été à l’école de leur vie!» Bien sûr l’origine du problème provient du Bhoutan, mais elle s’inquiète du cercle vicieux que cela entraîne : «Il faut absolument le Français et le secondaire 5 pour travailler, mais si la personne s’absente trop souvent, pour des raisons médicales ou autres, son dossier est fermé et il faut recommencer à zéro.»

De plus, la communauté a un grand besoin d’orientation, de suivi psychologique et de conseils quant à leurs droits et obligations. Ce qui inquiète encore plus Mme Rasaily sont ces compatriotes qui souffrent d’un handicap quelconque et se retrouvent enfermés chez eux. «Les gens voudraient au moins un emploi à temps partiel pour s’occuper. Ce serait une occasion de participer à la société québécoise et de pratiquer leur Français. Mais ils ne savent pas comment chercher, où aller…»

D’où le besoin criant d’une organisation comme CHRIO pour lutter pour les droits humains au Bhoutan, dans les camps de réfugiés au Népal, mais aussi à Québec où s’installeront près de 1 500 réfugiés bhoutanais d’ici l’an 2016.

Mme Rasaily et CHRIO veulent exposer ces difficultés pour que leur nouvelle vie ne se transforme pas en cauchemar. «Nous savons que ce sont des problèmes auxquels font face tous les immigrants et réfugiés. Il est vrai que leur situation s’est améliorée en s’installant à Québec, mais les gens ont besoin d’une tranquillité d’esprit» ajoute-elle.